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La Trahison des images, présentation de l’exposition Magritte au Centre Pompidou

English version available here.

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Avec l’exposition La Trahison des images, le centre Pompidou et Didier Ottinger veulent faire voir une nouvelle lecture de l’œuvre pourtant bien connue de Magritte. Comme le montre la réutilisation du titre de son chef-d’œuvre, ce nouvel éclairage ne s’opère pas par un détournement de l’œuvre initiale, bien au contraire. L’angle original sous lequel se place cette exposition est celui de la philosophie. L’ouverture sur la fresque de Kosuth en hommage à Magritte atteste de cette volonté de faire sortir Magritte du simple surréalisme pour véritablement l’affirmer en tant qu’artiste conceptuel. Cette proposition s’apparente à ce qu’on pourrait appeler une exposition-thèse. En effet, elle délaisse la présentation chronologique ordinaire pour se construire selon un ordre logique autour de différentes thématiques.

Cette importance du propos conceptuel plutôt que de l’exhaustivité historique est parfaitement illustrée par la scénographie. La scénographie joue un rôle très important au sein de cette exposition puisqu’elle est traitée de manière à complètement servir son propos, qui se développe autant à travers les œuvres elles-mêmes que dans la façon dont elles sont présentées. Un couloir unique dessert les cinq salles développant chacune un des aspects conceptuels de l’œuvre de Magritte. Un texte philosophique et une œuvre classique répondent à ces salles en y faisant face, de manière à les introduire tout en les ancrant dans les traditions philosophique et artistique. Toute cette mise en scène fait qu’on traverse l’exposition comme si l’on cheminait au sein d’une pensée. La visite évolue en symbiose avec le propos qui se déroule et se développe le long du couloir.

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De prime abord, l’exposition fait ouvertement référence à Platon et son allégorie de la caverne auxquels une salle est consacrée. On y découvre beaucoup de tableaux qui illustrent très littéralement le mythe. Il y est aussi question d’Aristote en ouverture, de Pline à plusieurs reprise et de Cicéron en conclusion. En marge de tous ces auteurs antiques se trouve également Hegel, qui, bien qu’il n’apparaisse pas vraiment directement et visuellement, a toute son importance. L’exposition est en effet construite sur un principe hégélien, ce qui lui confère une certaine originalité. La premières et dernière œuvre de l’exposition sont, de façon surprenante, identiques. Si la-dite œuvre interpelle complètement en ouverture, une fois l’exposition terminée, elle parachève le propos en se faisant la synthèse de tout ce qui a été vu et appréhendé auparavant. L’évolution de l’exposition est vraiment étonnante car elle fait tout de suite appel au moment de la négativité qui peut laisser pantois mais permet d’offrir une réelle expérience autant artistique que philosophique.

© Grégoire von Muckensturm


L’exposition René Magritte, la Trahison des images est
actuellement visible au centre Pompidou et prendra fin le 23 janvier 2017. Durant cette période, un cycle d’étude sera consacré à Magritte sur notre site. Pour plus d’informations, cliquez sur l’image ci-dessous :

 


Nous tenons à remercier Mme Dehon, M. Parayre et M. Ottinger pour leur invitation et leur accueil.
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3 réflexions sur “La Trahison des images, présentation de l’exposition Magritte au Centre Pompidou

  1. Pingback: Magritte, une esthétique du mot | Un Philosophe

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