Maximes pour la Philosophie/Philosophie

Quatrièmes maximes pour la Philosophie

« D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? », Paul Gauguin, (huile sur toile, 1897)

64. Certains penseurs se sont passionnés pour la philosophie antique. Quelle est l’origine de cette amour ? Que vaut ce regard tourné vers hier ? Par orgueil et avec prétention, ils se sont donnés pour tâche de donner une leçon aux Modernes !

65. Jamais les philosophes n’accompliront la philosophie. Comme toujours en amour, le désir est préférable à la sagesse.

66. La parole philosophique est érotique. C’est son efficience, sa motricité. Porter une parole philosophique c‘est à la fois être désirant et donner à désirer. La parole philosophie a cet érotisme fondamental qui stimule et excite celui qui la donne et celui qui la reçoit. La parole caresse ce que la peau peine à dévoiler.

67. Philosopher c’est apprendre à sur-vivre.

68. Le travail de distinction conceptuelle est parfois révélateur de l’inconscient social des philosophes : s’élever, s’exclure, s’extirper, en bref, dominer, juger, avoir raison.

69. Reductio ad Cioranum. Être un philosophe majeur se voit au peu de « phrases » auxquelles on réduit une œuvre, un système, une logique.

70. La tradition philosophique — habitudes, réflexes, anesthésies locales. Tout remettre à plat pour retrouver les dénivelés, les cimes, les abysses, les dunes.

71. Qu’est-ce que la philosophie ? Avoir la réponse c’est manquer de sagesse. Se refuser à tenter une réponse c’est se croire sage. Impossible vertu chez les philosophes.

72. En pensant à Descartes. Il n’y a jamais de méditations philosophiques sans une préméditation.

73. Façonner le concept. Si philosopher est un geste, il demande une temporalité spécifique, comme tout savoir-faire. Résoudre un problème, créer un concept, ouvrir une perspective : souvent le hasard est bon guide.

74. Pour une érosophie. On croit trop aisément à des présupposées vertus de la cohérence. Une pensée consistante ne fuit pas les contradictions, mais en fait son harem, jusqu’à des accouplements, fruits de la nécessité du désir.

75. Un pinceau dilue les pigments dans l’eau tout comme la pensée dilue les choses dans le logos. Le philosophe comme peintre du cosmos — un point, une ligne… une perspective.

76. Il n’y a pas de philosophie sans l’assassinat d’un pair — d’un Père.

77. Ecrire une préhistoire de la philosophie, avant Socrate, avant Thalès — avant la Raison.

78. Se tromper, déformer, changer de prisme, réécrire, s’inspirer, critiquer : le plagiat et l’incompréhension comme fondements d’une pensée originale.

79. Faire de la philosophie : une tâche infime devant l’infâme.

80. Fin d’une ère. Les prolétaires de la philosophie enseignent les concepts pendant que la bourgeoisie les créent.

© Jonathan Daudey


Retrouvez les « Premières maximes pour la philosophie » en cliquant ICI

Retrouvez les « Secondes maximes pour la philosophie » en cliquant ICI

Retrouvez les « Troisièmes maximes pour la philosophie » en cliquant ICI

2 réflexions sur “Quatrièmes maximes pour la Philosophie

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