Le statut du prolétaire et ses conséquences sur la lutte des classes/Philosophie

Le statut du prolétaire et ses conséquences sur la lutte des classes | L’impossibilité de la lutte ?

La possibilité de lutte du prolétaire

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La Concurrence entre les ouvriers

L’ouvrier ne constitue en aucun cas un individu singulier mais est toujours pris au sein de sa classe. La classe ouvrière ne représente qu’une certaine force de travail donnée en fonction du nombre d’ouvriers qui la compose. L’ouvrier n’existe que dans la masse. Cette masse qui le déshumanise peut autant l’empêcher de lutter que le lui permettre. La lutte ne peut avoir lieu qu’avec une organisation de la classe en parti politique tel que le parti communiste. Seulement, « cette organisation des prolétaires en classe, et donc en parti politique, est sans cesse de nouveau détruite par la concurrence que se font les ouvriers entre eux. »¹ Toute la difficulté de la lutte pour le prolétaire est de se constituer en tant que classe possédant des droits. En effet, dans un premier temps, cette représentation du prolétariat comme une masse n’est pas une force pour lui mais un obstacle qu’il doit surmonter. La différence majeure entre le bourgeois et le prolétaire est la possession des moyens de productions. Les deux personnages sont définis dans une note du Manifeste du parti communiste, la bourgeoisie est « la classe des capitalistes modernes qui possèdent les moyens sociaux de production et utilisent du travail salarié »¹, le prolétaire est « la classe des ouvriers salariés modernes qui ne possèdent pas de moyens de production et en sont donc réduits à vendre leur force de travail pour pouvoir subsister. »¹ C’est ce besoin de se vendre qui fait la division par la concurrence entre les prolétaires.

Le besoin de se vendre n’est pas entièrement métaphorique, les ouvriers sont bel et bien comparés à des marchandises : « ces ouvriers, contraints de se vendre au jour le jour, sont une marchandise au même titre que tout autre article de commerce ; ils sont exposés, par conséquent, de la même façon à toutes les vicissitudes de la concurrence, à toutes les fluctuations du marché. » Puisque toute spécialisation du travailleur a disparu, sa valeur est entièrement changée. Il n’y a plus de savoir-faire, seulement un nombre d’ouvrier donné par rapport au nombre dont l’industrie a besoin pour sa production. Ce nombre de postes possibles pour les ouvriers dépend de la loi du marché la plus simple, celle de l’offre et de la demande. Comme toute marchandise, si l’offre (d’emploi) est plus forte que la demande (d’emploi) tous les ouvriers pourront travailler, mais lorsque la demande est plus forte que l’offre alors un certain nombre d’ouvriers sont condamnés. Etant donné que cette situation d’offre et de demande n’est pas stable mais fluctuante, tout ouvrier n’est pas assuré de garder son travail, il peut le perdre à tout instant. A cette insécurité s’ajoute la concurrence ; tout ouvrier est remplaçable. Chacun ne vaut pas plus ou moins qu’un autre. Les seules façons par lesquelles un ouvrier peut agir sur sa condition sont l’obéissance et l’efficacité. C’est en majorité cette obéissance, ou désobéissance, qui fera que l’ouvrier soit employé ou pas. Une désobéissance, un début de lutte, est équivalent au suicide de l’ouvrier qui sera toute de suite remplacé par un autre ouvrier. Celui qui aura désobéi sera remplacé par un ouvrier qui était inemployé, chacun échangera sa place. Mais l’obéissance n’est pas suffisante, chaque ouvrier dispose d’une certaine quantité de force de travail qui détermine sa capacité de production. Or le rythme bien trop grand imposé par les machines l’use au point de finir par le rendre prématurément obsolète puis remplacé par un ouvrier dont la force de travail est supérieure. Il n’est pas possible pour l’ouvrier de lutter contre le capitaliste puisqu’il est son moyen de subsistance. Si l’ouvrier refuse de se plier aux exigences et rythmes de production édictés par le capitaliste, il se condamne lui-même.

La Dépendance de l’ouvrier vis-à-vis du capitaliste

Un point important, longuement développé dans les Manuscrits de 1844, est que « L’ouvrier ne gagne pas nécessairement lorsque le capitaliste gagne, mais il perd nécessairement avec lui. »² Il est assez évident que l’ouvrier ne peut gagner avec le capitaliste puisque le capitaliste s’enrichit par le travail de l’ouvrier. La salaire permettant seulement à l’ouvrier de survivre. Plus l’ouvrier s’enrichirait de son travail, plus le capitaliste en serait appauvri alors que le but du capitaliste est de constamment augmenter son capital. Il est cependant envisageable que l’enrichissement du capitaliste lui permette de développer son industrie et donc d’employer plus d’ouvriers. Mais comme Marx l’explique, l’ouvrier est constamment perdant, que ce soit dans les périodes de récession ou de progression économique. Les deux conséquences pour l’ouvrier d’une progression économique sont l’augmentation du salaire et l’augmentation du nombre d’emploi. Bien qu’elles paraissent bénéfiques, elles contiennent toutes deux de mauvais aspects.

L’augmentation du salaire de l’ouvrier ne permet pas, comme cela semble être le cas, d’améliorer les conditions de vie de l’ouvrier car elle n’est possible que par un allongement du temps de travail. « L’augmentation du salaire entraîne l’excès de travail parmi les ouvriers »², elle entraine donc chez l’ouvrier une cupidité identique à celle du capitaliste. Mais cette cupidité le condamne : « plus ils [les ouvriers] veulent gagner, plus ils doivent sacrifier leur temps […] ce faisant, ils abrègent ainsi le temps qu’ils ont à vivre. »² L’augmentation du salaire de l’ouvrier entraine en fait une dégradation de ses conditions. Cette auto-destruction de l’ouvrier visant l’enrichissement comporte étrangement un caractère bénéfique, non pas pour l’ouvrier lui-même mais pour le prolétariat en tant que classe. « Ce raccourcissement de la durée de leur vie est une circonstance favorable pour la classe ouvrière dans son ensemble, parce qu’elle rend sans cesse nécessaire un apport nouveau. Cette classe doit toujours sacrifier une partie d’elle-même pour ne pas périr dans son ensemble. »² Du fait de la concurrence entre les ouvriers, la vieillesse ou mort prématurée est bénéfique à la classe dans son ensemble. La classe prolétaire se doit d’être une classe jeune puisque c’est exclusivement par son propre travail qu’elle survit, il est préférable que plus d’ouvriers travaillent moins longtemps que peu d’ouvriers travaillent longtemps, ce qui empêche le renouvellement. Bien qu’au final ce phénomène soit encore plus bénéfique au capitaliste qui est sûr de ne pas manquer d’ouvriers. Car la progression économique qui permet l’augmentation du salaire engendre d’habitude plutôt une augmentation de la production. Les ouvriers travailleront plus et en plus grand nombre. Le plus grand emploiement des ouvriers pouvant d’ailleurs se rendre possible par une augmentation de la division du travail. La tâche de l’ouvrier est donc de plus en plus mécanisée, sachant que l’augmentation de son temps de travail le privait déjà de la quasi-totalité de sa liberté. « Donc, même dans l’état de la société qui est le plus favorable à l’ouvrier, la conséquence nécessaire pour celui-ci est l’excès de travail et la mort précoce, le ravalement au rang de machine. »²

Le deuxième cas, celui de la récession économique est plus simple encore puisque l’ouvrier est totalement dépendant du capitaliste. Sans le capitaliste, l’ouvrier n’est rien puisqu’il ne possède par définition pas les moyens de production. Aussi mauvaises que puissent être les conditions de vie de l’ouvrier, elles sont le fait du capitaliste, seule raison de la survie de l’ouvrier. Il est donc préférable pour l’ouvrier qu’il y ait croissance ou stagnation économique que récession, il lui est par contre impossible d’influencer ce climat économique. Et dans tous les cas la situation du capitaliste est préférable à celle de l’ouvrier car « d’une manière générale, il faut remarquer que là où l’ouvrier et le capitaliste souffrent également, l’ouvrier souffre dans son existence, le capitaliste dans le profit de son veau d’or inerte. »² Mais cette dépendance vis-à-vis de la bourgeoisie n’est pas unilatérale, c’est véritablement une inter-dépendance. La bourgeoisie a besoin du prolétariat pour produire son capital. Si une lutte est possible ce n’est pas par une confrontation directe du prolétariat et de la bourgeoisie mais par une influence sur cette inter-dépendance.


La Gestion du prolétariat par la bourgeoisie

Transperceneige, Bong Joon-Ho

L’interdépendance entre bourgeois et prolétaires est sans aucun doute ce qui fait le point faible de chacune des deux classes. C’est pourquoi elle est la pierre de touche de la lutte entre bourgeoisie et prolétaire. À tel point que pour le prolétariat, « Sa lutte contre la bourgeoisie commence avec son existence même. »¹ Pourtant c’est la bourgeoisie qui semble avoir le plus de marge de manœuvre puisque ce qu’elle risque très peu dans la lutte. La perte d’une partie de son capital ne représente presque rien par rapport au prolétariat qui peut perdre la vie.

Le salaire a déjà était défini comme le procédé par lequel le capitaliste profite du travail de l’ouvrier. Le salaire ne rémunérant pas l’ouvrier à hauteur du travail qu’il effectue, il est ce qui permet la production de sur-valeur. Mais le salaire à un pouvoir bien plus grand que le simple enrichissement du capitaliste. La plus grande puissance s’y cachant est la gestion de la population des ouvriers. La bestialisation et mécanisation de l’ouvrier lui enlève toute liberté, il n’est plus qu’un moyen de production comme un autre, le seul intérêt que le capitaliste y porte se fait du point de vue de l’espèce. Le capitaliste a besoin d’un certain nombre d’ouvriers, nombre qui doit se renouveler du fait de l’obsolescence prématurée des ouvriers. Le salaire et le taux d’emploi sont ce qui permet au capitaliste de décider combien d’ouvriers parviendront à survivre pour pouvoir produire. Le taux d’emploi dépend directement de l’offre et de la demande, le capitaliste ne fait que suivre le mouvement économique en place. C’est dans le salaire qu’il agit réellement sur le nombre d’ouvrier. La somme offerte à l’ouvrier pour sa journée de travail détermine combien de ses enfants seront nourris, c’est donc le capitaliste qui fixe le nombre d’enfants de l’ouvrier. Par là, le capitaliste peut réguler la population des ouvriers. Cette régulation est extrêmement importante pour le capitaliste, la bonne gestion de la population des ouvriers est la condition de la survie des deux classes. Par cette gestion de la population, le capitaliste gère également le déroulement de la lutte. Pour qu’un ouvrier ne lutte pas il faut qu’il soit employé. S’il y a un trop grand nombre d’ouvriers, les ouvriers inemployés pourront utiliser leurs temps libre à la constitution d’un parti pour la lutte. Si le capitaliste a un contrôle total sur l’ouvrier qu’il emploie, il est démuni face aux ouvriers inemployés car ceux-ci « n’ont rien à sauvegarder qui leur appartienne : ils ont à détruire toute sécurité privée, toutes garanties privées antérieures. »¹ En un sens, la seule possession que peut avoir un ouvrier est son emploi. S’il n’est pas employé, il ne possède rien et il lui est possible de lutter efficacement contre la bourgeoisie. Le système capitaliste se revèle en fait très fragile, tout ce sur quoi il repose est en même temps une force et une faiblesse, que ce soit la bestialisation des ouvriers, leur masse considérable ou leur asservissement par le salaire.

La Possible auto-destruction de la bourgeoisie

Les fondations du système établies par le capitaliste, telle que la bestialisation de l’ouvrier, sont facilement ébranlables. Car les conditions d’asservissement du prolétariat misent en place par le capitaliste sont également des possibilités de sa disparition. Tout l’asservissement du prolétariat repose sur sa déshumanisation qui, en le privant de ses libertés, l’empêche certes de lutter mais fait également naitre le besoin de lutte. Si le capitaliste avait garder le système de corps de métier du moyen-âge il n’aurait pas pu asseoir sa position bourgeoise comme il l’a fait mais il n’aurait pas poussé le prolétariat à lutter. Le nécessité de la lutte est flagrante dans l’exposition que fait Marx de la différence de statut entre l’ouvrier et l’esclave ; « pour opprimer une classe, il faut pouvoir lui assurer des conditions d’existence qui lui permettent au moins de vivre dans la servitude. »¹ Si les conditions de servitude d’une classe sont bien misent en place, il est impossible de lutter. Dans le cas de l’esclave, tout désir de lutte disparait du fait qu’il n’imagine pas pouvoir améliorer sa condition. Dans le cas de l’ouvrier qui « déchoit de plus en plus au-dessous même des conditions de vie de sa classe »¹ il y a clairement une perte des meilleures conditions antérieures. Un esclave est de toute façon condamné à être esclave toute sa vie, il n’est pas non plus un individu né libre, alors qu’on laisse croire à l’ouvrier qu’il est un individu tout en l’asservissant grâce à des procédés extérieurs. Comme dit, tout ceci place l’individu « en-dessous même des conditions de vie de sa classe » la lutte prend place pour permettre à l’ouvrier de retrouver la place qui lui est due. L’esclave ne lutte pas parce que malgré son manque de liberté il vie selon les conditions de vie normales de sa classe. La position de l’esclave peut même être plus enviable que celle de l’ouvrier. Pour Marx, la bourgeoisie est condamnée à disparaitre car « elle est incapable de régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu qu’il la nourrisse. »¹ L’esclave est une propriété de l’esclavagiste, il a donc tout intérêt à en prendre soin. L’ouvrier qui, lui, n’est pas considéré comme une propriété devient une marchandise qu’on utilise et jette une fois consommée. Puisque l’ouvrier n’est pas une possession du capitaliste, il ne voit pas d’intérêt à le maintenir en vie tant que son espèce se perpétue

Plus important encore que la mise en route de la lutte prolétaire, la bourgeoisie offre au prolétariat ce dont il a besoin pour lutter contre elle. Le fait est que « La bourgeoisie vit dans un état de guerre perpétuel ; »¹ que ce soit contre l’aristocratie ou la bourgeoisie internationale. La lutte avec le prolétariat n’est pas la seule à laquelle doit faire face la bourgeoisie mais elle n’a qu’un moyen de lutter. Puisque la bourgeoisie se définit par la possession des moyens de production ce n’est que par l’utilisation de cette production qu’elle peut lutter. Dans le cas des bourgeoisies internationales par exemple, la lutte s’effectue par l’augmentation de la production jusqu’à dépasser la production de la classe adverse. Mais la bourgeoisie a besoin de l’ouvrier pour augmenter la production et se voit donc obligée de rallier les ouvriers à sa cause. Ce faisant, la bourgeoisie politise le prolétaire, elle doit « l’entraîner ainsi dans le mouvement politique. Si bien que la bourgeoisie fournit aux prolétaires les éléments de sa propre éducation, c’est-à-dire des armes contre elle-même. »¹ Lorsque le prolétariat parviendra à se constituer en parti politique ce sera grâce à la bourgeoisie elle-même qui lui aura insufflé les raisons et les méthodes d’une politisation.

Pourtant, cette faiblesse de la bourgeoisie est inévitable car elle inhérente à son fonctionnement. La bourgeoisie suit le chemin tracé par l’industrialisation. L’industrialisation change au rythme des avancées techniques qui sont de loin ce qui progresse le plus rapidement. Tout comme l’ouvrier se plie au rythme de la machine, la bourgeoisie doit suivre le rythme des avancées techniques, de ce fait elle doit constamment se repenser. « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production et donc les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. »¹ La bourgeoisie ne peut exister et durer que par un renouvellement constant. C’est pourquoi c’est une classe éminemment révolutionnaire, son besoin de renouvellement ne pouvant passer que par un changement sociétal, et c’est en ceci qu’elle s’oppose au prolétaire qui est également révolutionnaire. « De toutes les classes qui, à l’heure actuelle, s’opposent à la bourgeoisie, seul le prolétariat est une classe vraiment révolutionnaire. »¹ La façon selon laquelle changera la société sera déterminée par laquelle des deux classes révolutionnaires arrivera à ses fins. La bourgeoisie voulant progresser avec l’industrie et le prolétaire revenir à une époque antérieure. La bourgeoisie est au demeurant très fragile mais cette fragilité lui permet de se reconstituer, de se transformer, plus facilement.


Toute l’Histoire n’est qu’Histoire des luttes de classes mais la lutte entre bourgeois et prolétaires qui intéresse Marx est originale de par ce qu’a mis en place la révolution bourgeoise. Cette révolution ayant pour seul but d’asseoir la position bourgeoise a entrainé une scission de toute la société en deux classes opposées. La bourgeoisie a garder sa place et a fait de toutes les classes ne disposant pas de moyens de production la classe prolétaire. Le prolétariat s’efforce de lutter contre la bourgeoisie de façon à annuler les changements engendrés par la révolution bourgeoise et à revenir au système féodal. Le retour au système féodal est apparemment un but absurde car on ne peut revenir à une époque historique dépassée mais il permet de rendre compte du véritable problème auquel est confronté le prolétaire, l’industrialisation. Autant la bourgeoisie parvient à tirer profit de l’industrialisation, autant c’est le prolétaire qui en supporte toutes les conséquences néfastes. Dans le rythme de travail qu’impose la machine, l’ouvrier se trouve mécanisé, il n’est plus qu’un outil de la machine. Dans tous les cas, le système capitaliste déshumanise l’ouvrier ; figure qui est toujours différenciée de l’individu chez Marx. Le capitalisme ne voit l’ouvrier que comme une certaine quantité de force de travail. Il est possible de se demander si, arrivé à une condition telle que l’ouvrier est déchu en dessous de la machine, il dispose encore d’assez de liberté pour lutter et si un individu aussi déshumanisé peut encore faire entendre ses revendications.
Bien sûr, dans la position où se trouve l’ouvrier, il lui est impossible de lutter. Ceci parce qu’il est entièrement dépendant du capitaliste. Même si le capitaliste asservit l’ouvrier, il est ce qui le fait vivre. Cet asservissement passe par le salaire. Le salaire est ce qui permet un véritable contrôle du prolétaire par le capitaliste. Avec le salaire, le capitaliste, qui voit le prolétariat comme une simple espèce, peut réguler le nombre d’ouvriers qui la constitue. Il lui est d’ailleurs indispensable de mener cette régulation à bien car il est lui aussi dépendant des ouvriers qui sont la seule chose produisant de la sur-valeur. Par contre, un nombre trop grand d’ouvriers mènerait le capitaliste à sa perte car tout ouvrier inemployé n’est pas contrôlé par le capitaliste. Le capitaliste doit générer le nombre exact d’ouvrier dont il a besoin. Bien que la lutte est celle du prolétaire contre le capitaliste, le prolétaire ne possède aucun moyen de lutter. Seul le capitaliste à un contrôle sur les événements de la lutte. Si bien que tout ce qui pourrait être une force du prolétaire, que ce soit sa supériorité numérique, son absence de possession ou sa politisation, qui sont d’ailleurs mis en place par le capitaliste lui-même, ne peut se retourner contre ce dernier car il en a le contrôle total. L’asservissement du prolétaire est en fait la condition de survie du capitaliste. La lutte que mène le prolétaire est vouée à l’échec car tout ce qui y attrait est sous le contrôle de la bourgeoisie. Seule une erreur de la bourgeoisie peut mener à une victoire du prolétariat. Il ne revient qu’à la bourgeoisie, et à elle seule, de se maintenir en place, le prolétaire n’a d’autre possibilité pour lutter que d’attendre une erreur de la bourgeoisie pouvant lui être fatale.

« La bourgeoisie produit avant tout ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables. »¹

© Grégoire von Muckensturm


Notes :

¹ Manifeste du parti communiste, Karl Marx
²
Manuscrit de 1844, Karl Marx

 

 

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